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Le mot d’Amanda Hall

janvier 2, 2020 By: Amanda Hall

This post is also available in: English (Anglais)

On me pose souvent cette question : « Vous sentez-vous déjà comme une PDG? » J’y pense tous les jours. Qu’est-ce qu’un PDG est censé ressentir? Comment savoir si les choses que je ressens n’indiquent pas plutôt que je ne suis pas faite pour être PDG?

Un PDG est-il censé être insensible au doute et à la peur? En tant que PDG, il faut penser à beaucoup de choses stressantes : satisfaire ses clients, générer des revenus, préserver sa formidable équipe, bien faire pour les investisseurs et ainsi de suite. Certains disent que le doute et la peur peuvent nous paralyser, mais pour moi, c’est une source de puissance. Le doute et la peur que je ressens me poussent à travailler plus fort. C’est la composante psychologique d’un gigantesque moteur qui ne peut être arrêté et qui rend impossible le fait d’abandonner ou de ralentir.

Les PDG peuvent-ils admettre leur angoisse existentielle? Les jeunes d’aujourd’hui souffrent d’anxiété climatique, mais qu’en est-il des adultes? Je ressens une lourde responsabilité de changer l’avenir de l’industrie minière du lithium avant ma mort. Le stockage d’énergie propre de l’avenir, la demande de véhicules électriques et la consommation incessante de produits électroniques exigent tous des batteries au lithium-ion; cependant, la façon dont les métaux des accumulateurs sont extraits aujourd’hui n’est pas durable. Je me suis donné la mission de défendre l’utilisation de la nanotechnologie comme solution scientifique solide pour assainir le secteur du lithium. Mais qui portera ce flambeau si je ne me rends pas assez loin? Cette angoisse existentielle me pousse à créer une entreprise adaptable de futurs penseurs qui ne s’arrêteront pas tant que nous n’aurons pas laissé le monde dans une meilleure situation.

Les autres PDG ont-ils un désir insatiable de réussir? Mes semaines passent en un clin d’œil : je travaille tard le soir et tôt le matin; je m’endors et me réveille à côté de mon ordinateur portable; je passe des heures en déplacements; je pratique mes discours dans les salles de bains des aéroports. Mais ça ne me semble toujours pas suffisant. Je dois en faire plus pour m’assurer que rien ne m’empêche de développer ma technologie de la manière la plus adaptable et la plus durable possible. Ce désir donne un but à mes actions et harmonise mes objectifs.

Un PDG n’a pas besoin d’être un titan impassible de l’industrie. Lors d’un discours prononcé par le PDG d’une grande société pétrolière et gazière à l’occasion d’un récent événement de l’UNICEF, j’ai vu ses yeux se remplir d’eau et j’ai entendu sa voix craquer. Il n’a pas perdu mon respect. En fait, j’ai eu l’occasion de voir quel genre de personne il était. J’ai vu un leader fort et compétent être vulnérable et exprimer ses sentiments. Ce type de leader est sensible aux besoins de son équipe, tout comme moi. Je veux savoir à tout moment comment je peux les aider et leur faciliter la tâche pour que nous puissions réussir, ensemble, et avoir l’honneur et le privilège de relever l’un des plus grands défis dans le domaine de l’énergie au monde.

Si c’est ce que cela signifie d’être PDG, alors ma réponse est oui, je me sens comme une PDG.

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